De la sociologie des religions de Max Weber à l’étude du champ des psychologies et de la santé mentale : essai de transposition de concepts et de schèmes d’analyse.

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Quand ? Jeudi 5 décembre 2019 de 17h à 20h

Où ?  Salle du Conseil (Université Saint-Louis, Bruxelles)

Dans le cadre de cette communication, nous tenterons d’appliquer des outils conceptuels provenant de la sociologie wébérienne des religions au champ contemporain des psychologies et de la santé mentale. A première vue, cela peut sembler une gageure, tant le corpus wébérien est ample et imposant sur ce sujet (sans même parler de la complexité et de la spécificité des questions relevant de la santé mentale). L’idée selon laquelle il pourrait exister des analogies entre le champ religieux (autour de la gestion des biens de salut…) et le champ «psy» (autour de la gestion du bien-être, de l’intériorité ou de la personnalité, etc.) présente certes un caractère plausible, mais il s’agit de ne pas en rester aux analogies vagues ou simplement suggestives, et de se donner les moyens d’une analyse plus précise, même si celle-ci restera modeste et avant tout exploratoire dans le cadre de cet exercice.

Dans l’optique d’un programme qui vise à étudier les ressources de sens des «psychologies» en lien avec les pratiques ordinaires, tout en traitant les jeux de langage «familiers» comme s’ils étaient l’idiome d’une forme de vie «exotique» (le monde «psy» envisagé comme une tribu…), il s’agira d’établir les termes d’une comparaison entre certains éléments saillants de l’analyse wébérienne (notamment autour de la rationalisation éthique, de la typologie des méthodes de salut, des rapports entre «valeurs» et «intérêts», des conflits de légitimation, des groupes sociaux porteurs d’attentes et de «besoins» différents, de la distinction entre virtuosité individuelle et administration institutionnelle de la «grâce», etc.) et quelques enjeux actuels du champ des psychologies et de la gestion du bien-être, qui seront abordés à partir d’un éventail d’analyseurs particuliers (à titre indicatif : le développement personnel et le coaching, l’épanouissement de soi et le «potentiel caché», les conflits entre psychologies cliniques et neurosciences cognitives, les luttes symbolico-sociales autour d’étiquettes telles que HP vs. TDA, l’écologie ou l’économie de l’attention, les psychologies populaires valorisant le «vécu» et les «émotions», les protestations contre la «rationalité moderne», les mises en question de l’hédoniste et l’apparition de nouvelles formes d’ascétisme, etc.). 

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