Un ERC décroché !

“Coaching as a social ritual: acting on people in a liberal-individualistic society (parenting, education, mental health care)”

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Nicolas Marquis avait ambitieusement soumis son projet ERC le 17 octobre 2018. Celui-ci était passé à la seconde étape le 28 mars 2019 et voilà qu’il est à présent décroché. Une première à l’Université Saint-Louis… bravo à lui ! 

C’est à un financement d’1,5 millions d’euros auquel il a désormais droit. L’engagement de trois doctorant·e·s et de deux post-doctorant·e·s serviront à la mise en œuvre de ce projet dès 2020 et ce, pour cinq années.

Dessiner les contours de la pratique de coaching et de ses effets dans une société qui valorise l’autonomie, ou de quoi ce projet est-il le nom? 

L’objectif principal de ce projet est de mieux comprendre une pratique dont on a tous et toutes déjà au moins une fois entendu parlé: le coaching. Cette pratique  qui cherche à responsabiliser les individus afin qu’ils produisent eux-mêmes les changements dont ils ont besoin sera étudiée en tant qu’action rituelle propre aux sociétés individualistes libérales qui souscrivent à l’idée qu’en chacun de nous réside un potentiel caché.

Ce projet portera sur la manière dont la logique de coaching transforme trois activités sociales spécifiques – la parentalité, l’enseignement et les soins de santé mentale - qui se caractérisaient traditionnellement par une asymétrie entre une personne « en position basse » et une personne « en position haute ».

Dans une perspective comparative et empiriquement fondée, nous ferons du rituel de coaching, de son jeu de langage, de ses applications et de ses effets, des analyseurs  de la façon dont nous agissons de nos jours sur le comportement et les émotions des autres. 

Nous combinerons trois niveaux d’analyse:

  • l’analyse au niveau macro des transformations de l’environnement moral,
  • l’analyse au niveau méso des pratiques des institutions et des acteurs et
  • l’analyse au niveau micro des effets du rituel du coaching.

Le niveau macro exigera une comparaison internationale entre le Royaume-Uni, l’Italie et la France / la Belgique francophone. Centrés sur la France et la Belgique francophone, les niveaux méso et micro impliqueront une analyse comparative des évolutions sur les trois pratiques d’intervention sur autrui (soins de santé mentale, enseignement, parentalité).

L’étude associera également trois méthodes: une analyse comparative du contenu des controverses, l’observation de séances de coaching dans 6 contextes différents et des entretiens semi-structurés avec une centaine de participants (promoteurs de coaching; parents, enseignants, coachs, adolescents, étudiants et destinataires de soins auxquels cette logique est appliquée).

En prenant au sérieux le rituel du coaching et en veillant ni à le célébrer ni à le critiquer, ce projet vise non seulement à produire de nouvelles connaissances théoriques, mais également à mettre en lumière les tensions liées au coaching et à sensibiliser les parties prenantes.