Que sont les midis du Casper? 

Les Midis du Casper sont des réunions peu formelles qui se tiennent une à deux fois par mois sur le temps de midi à l’Université Saint-Louis.

Les Midis sont d’abord conçus comme un lieu où l’on peut se mettre au travail collectivement, se rassembler derrière une thématique, une question, un étonnement, une méthode, un enseignement, une actualité, un événement, et déplier cet objet sans aucune assurance d’arriver quelque part. Et dans le pire des cas, on aura apprécié le sandwich. De ce point de vue, ces rencontres se prêtent moins à la diffusion des résultats d’une science légitime qu’à la discussion des incertitudes d’un savoir en train de se faire.

Voici quelques exemples de bricolages que la table des Midis peut accueillir :

- Compte-rendu de lecture (article, livre, chapitre de livre…) et, pourquoi pas, petite discussion autour d’un extrait choisi.

- Présentation d’un projet de recherche, de l’avancement/des obstacles d’une recherche en cours.

- Échanges autour d’un draft d’article, d’une communication prévue…

- Discussion d’une méthode d’enquête, d’analyse, d’organisation sociale et matérielle du travail, d’un logiciel…

- Partage de questionnements pédagogiques et d’enseignement : « tester » un nouveau cours, échanger autour de nos savoir-faire pédagogiques et leurs limites, discuter des visées des enseignements (« évaluer », « réussir », quoi ? comment ? pour qui ?), rouvrir entre collègues des questions traités en cours…

- « Café du commerce » : discussions autour d’événements culturels, sportifs, politiques… ou d’actualité, parce qu’on peut parler la bouche pleine.

Accès libre aux séances sans inscription mais une confirmation par mail n’est pas de refus pour l’organisation des lunchs.

Personne de contact pour l’année académique 2019-2020 : Véronique Degraef (véronique.degraef@usaintlouis.be).

Programme pour le 1er quadrimestre 2019-2020

J’ai le plaisir de vous communiquer les dates des premiers Midis du Casper de l’année académique 2019-2020. Merci d’en prendre bonne note. L’information sur le local vous parviendra très bientôt. Comme les années précédentes, des sandwiches et boissons seront à votre disposition.
 
Le jeudi 3 octobre 2019 de 12h à 13h, nous écouterons une communication de François Mossoux. Titulaire d’un Master en anthropologie de l’Université de Liège, François Mossoux prépare actuellement un projet de recherche doctorale soumis à la bourse FRESH. Au cours de sa communication au Midi du Casper, il présentera une problématique émergeant de son travail de terrain réalisé dans le cadre de son mémoire de fin d’études consacré aux adultes à haut potentiel. 
 
Le jeudi 31 octobre 2019 de 12h à 13h l’intervenante du Midi sera Eleni Alevanti. Celle-ci termine actuellement un doctorat à la Birmingham City University (Royaume-Uni) où elle a effectué des recherches qualitatives sur la réforme 107 et plus particulièrement sur les équipes mobiles. Auparavant, elle a travaillé dans le domaine de la santé mentale dans différents milieux de pratique ainsi que dans la recherche. Dans son intervention, Eleni Alevanti se propose de discuter des outils méthodologiques nécessaires pour aborder des sujets contestés tels que la «santé mentale» et de dialoguer sur les questions qui se posent lors de l’analyse de pratiques du terrain, et plus particulièrement celle de la responsabilité du chercheur et celle de savoir en quoi sa position diffère (ou pas) de celle d’un professionnel de services de santé mentale.
 
Le jeudi 7 novembre de 12 à 13h, c’est Martin Cauchie, titulaire d’un Master en Anthropologie Sociale et Culturelle et d’un Master en Bioéthique de l’Université Libre de Bruxelles,  chargé de recherche à La Ligue Bruxelloise Francophone des Services de Santé Mentale qui présentera une recherche sur les représentations/adhésions et la participation, tant sur le fond que sur la gouvernance du 107 et « ses » cliniques, des Services de Santé Mentale bruxellois. Il se propose de démontrer qu’il est « pertinent de considérer les coordinateurs de la réforme 107 comme des « médiateurs intéressés » plutôt que comme des « intermédiaires » neutres (Latour 2005).  Nous estimons que le guide de la réforme (2010) doit aussi être pris en compte comme un «actant» essentiel, vecteur de chaînes de « traduction ». Si de tels propos ont déjà été défendus ailleurs (Thunus et Lorquet 2012), une étude par questionnaire réalisée auprès des services de santé mentale francophone bruxellois nous permet d’illustrer plus amplement encore cette hypothèse. La nature des «groupes », des « associations », des « collectifs », la fonction du « concept » et l’importance des « controverses » dans la « construction des faits» sont autant de notions Latouriennes qui, selon nous, permettent de mieux penser l’implémentation de la réforme. »
 
Le jeudi 21 novembre de 12h à 13h, nous écouterons une communication de Johan Giry qui réalise une thèse de doctorat en sociologie sur la réception et les effets des réformes de politique scientifique dans les champs des sciences humaines et sociales, en France et au Québec. Il est rattaché au laboratoire Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe (SAGE) de l’Université de Strasbourg et au Centre Interuniversitaire de Recherche sur la Science et la Technologie (CIRST) de l’Université du Québec à Montréal. Pour l’année universitaire 2019-2020, il est chercheur-invité au Groupe de Recherche sur l’Action Publique (GRAP) de l’Université Libre de Bruxelles. Sa communication lors des Midis du Casper portera sur les tensions morales présidant à l’engagement des sociologues dans l’économie de recherche sur projets. L’enjeu consistera à interroger la croyance partagée en vertu de laquelle le financement concurrentiel sur projets participerait d’une perte d’autonomie du champ des SHS et de leurs praticiens, par suite de l’adhésion des responsables politico-administratifs de ce secteur à la pensée libérale. Pour ce faire, il reviendra sur les principaux résultats d’une enquête réalisée auprès de sociologues subventionnés par l’Agence nationale de la recherche française (ANR). Plus précisément, il questionnera tour à tour les modalités de leur engagement dans ce dispositif de financement, les différentes manières dont celui-ci est susceptible d’éprouver l’exigence morale d’autonomie et le travail que ces chercheurs déploient pour, malgré tout, demeurer cohérents à eux-mêmes et aux yeux de leurs partenaires.