Pour l'année 2018-2019, le CASPER a accueilli Anicet Yemweni dans la cadre d'un séjour doctoral (Université de Kinshasa) d'une durée de 6 mois financé par la Commission Coopération au Développement de l'ARES 

A cette occasion, Anicet a pu profiter d'un environnement lui permettant de questionner et approfondir les réflexions qu'il menait dans le cadre de sa thèse dont voici un résumé du projet. Il nous l'a communiqué après avoir eu l'occasion d'en discuter dans le cadre d'un Midi du CASPER. 

Titre : Église indépendante, Nouveau Mouvement Religieux et quête de santé à Kinshasa. Une étude ethno-anthropologique des soins de santé en République Démocratique du Congo.

 A la fin du XIXesiècle, le paysage religieux africain est caractérisé non seulement par l'importance numérique de la population adhérant au christianisme, mais aussi par la survenue des églises indépendantes africaines, le cas du Kimbanguisme, à côté des églises missionnaires importées d’Europe. Leur apparition se fait en réponse non seulement aux chambardements culturels dus à l’œuvre colonisatrice mais aussi à plusieurs changements liés aux débuts des processus d’industrialisation et d’urbanisation. Au début des années quatre-vingts dix, au lendemain de l’ouverture du pays au processus démocratique, la République Démocratique du Congo connaît un foisonnement des Églises dites de « réveil ou Nouveaux Mouvements Religieux ». Pour la seule ville de Kinshasa, le nombre de ces Églises est estimé à plus de 8 000 pour une population évaluée à près de 10 millions d’habitants (Yemweni, 2014 : 25). Qu’il s’agisse des églises indépendantes que des nouveaux mouvements religieux, plusieurs kinois malades et leurs membres de famille y recourent pour se donner plus de chance de guérir. Ceux-ci se retrouvent cependant confrontés à une tension intéressante, entre d’une part, les schèmes d’interprétation traditionnels africains mobilisés par les églises indépendantes et d’autre part, les schèmes d’interprétations occidentaux, que véhiculent les églises du nouveau mouvement religieux ou les Églises de Réveil.

 Cette recherche s’intéresse donc à la manière dont ces Églises de Réveil entrent en résonnance avec les demandes formulées par les populations kinoises ; les premières observations indiquant une convergence des églises entre d’une part les messages qu’elles offrent et d’autre part la demande d’une partie importante de la population qui semble se saisir de ce discours sans chercher à les remettre en question.

Deux questions sous-tendent cette recherche : Comment ces églises parviennent ou ne parviennent-elles pas à aménager la coexistence des traditions africaines tout en reprenant à leur compte les éléments purement occidentaux ? Quelles sont les conditions sociales et culturelles qui font que des prières peuvent être dotées d’une efficacité symbolique au point de générer des guérisons constatées par les personnes elles-mêmes ? Autrement dit, à quelle condition les gens y ont-ils recours ?  De leurs points de vue, cela marche-t-il ? Comment le racontent-ils? Qu’est-ce que cela dit des transformations aujourd’hui à Kinshasa sur la façon dont les gens vivent la santé et la maladie ? Pour tenter de répondre à ces questions, le chercheur mobilisera les outils de l’Interpretative Phenomenological Analysis (IPA)afin d’étudier la manière dont les personnes donnent sens à leurs expériences de vie.

Pour l'année 2016-2017, le CASPER a accueilli Sophie Pesesse (Université de Maastricht)

Après un Bachelier en Sociologie-Anthropologie, j’ai décidé d’entamer un Master de Recherche en Science de la Santé. Mon objectif est d’étudier les questions de santé, avec une approche et une démarche sociologiques.

​Dans le cadre de mon programme, je suis accueillie par le CASPER pour un stage d’un an, durant lequel j’effectuerai une recherche qualitative en santé mentale.

Détails de la recherche à suivre!

Pour l'année 2015-2016, le CASPER a accueilli Fadoua Messaoudi (UCL)

Durant ce stage de recherche, j'ai eu l’occasion, à travers les diverses activités présentées ci-dessous, de me familiariser à un centre de recherche et d’exercer certaines compétences de chercheur. 

Les activités poursuivies : 

- Séminaires Jeu & Symbolique : 

  •  Olivier Standaert : « L'autonomie professionnelle à l'épreuve des bifurcations : analyse des stratégies d'insertion des jeunes journalistes de Belgique francophone ». 

  • Baptiste Moutaud : « Trouble psychiatrique, plasticité et cognition. Infléchir des destinées, repenser les conditions d'une vie ».

  • Valérie Aucouturier : « Wittgenstein et la psychologie ». 

- Une intervention dans le cadre du cours d’« Espace public, connaissance et médias » dispensé par N. Marquis à l’USL-B : « La médicalisation de l’échec scolaire ou la réception par des parents issus de l’immigration d’un discours psycho-médico-social (PMS) porté sur leur(s) enfant(s) ».  Cette intervention visait à partager avec des étudiants de BAC 3 les propres réflexions que je me faisais au sujet de l’élaboration de mon cadre théorique. 

- Midis du Casper : 

  • Véronique Degraef : « Pourquoi et comment évaluer la qualité de l'enseignement supérieur ? L'analyse des coordinateurs qualité ».
  • Nicolas Marquis : « What is madness ? », une proposition de lecture d’un ouvrage de Darian Leader.
  • Fadoua Messaoudi : « La difficulté scolaire de l’enfant : un objet d'intervention pour des agents psycho-médico-sociaux (PMS). Comment des parents issus de l’immigration réceptionnent-ils ce discours PMS ? ».  Cette intervention visait à discuter des premiers résultats de l’analyse, des observations et des entretiens que j'avais menés. 

Mon stage au sein du centre CASPER a joué également un rôle essentiel dans la construction de mon mémoire. L’enjeu de ma recherche était de saisir la manière dont se négocie la « bonne» prise en charge de l’échec scolaire de l’enfant. Il s’agissait pour ce faire de saisir non seulement en quoi consiste pratiquement le travail des agents PMS – quelles définitions et quels traitements ils proposent aux difficultés de l’enfant – mais également de comprendre le travail des parents  – ces derniers pouvant ou non s’accorder sur ce qui leur est proposé. Faire mon stage au sein du CASPER m'a permis de profiter d'outils nécessaires non seulement pour penser de façon plus générale la manière dont j'allais aborder cette étude du point de vue épistémologique et méthodologique mais également de façon plus concrète (et c'est lié bien sûr) au décryptage des critères sur base desquels les parents et agents PMS évaluent la prise en charge de la difficulté de l’enfant et évaluent de cette façon ce qu'est un "bon parent" ou un "bon enfant". Les différentes manières de le faire, dans un contexte socioculturel comme le nôtre (qui valorise une certaine manière d’agir et de subir), ne se valent pas. Cela, j’en ai fait l’hypothèse, ne laissera pas les parents indifférents.

Pour l'année 2014-2015, le CASPER a accueilli Robin Susswein (ULB)

Durant l’année académique 2014-2015, Robin Susswein, alors étudiant en 2ème année de Master en sociologie à l’ULB, a réalisé un stage de recherche au sein du CASPER. Intéressé par une sociologie qualitative à même de problématiser les manières dont les acteurs se « mettent en jeu » et s’engagent dans l’action, l’étudiant a trouvé au CASPER un environnement de recherche susceptible de stimuler ses réflexions. Durant son séjour au CASPER, le stagiaire a eu l’opportunité de collaborer étroitement avec les Professeurs Nicolas Marquis et Alain Ehrenberg dans le cadre d’une recherche portant sur les formes concrètes de l’ « autonomie » dans le champ de la santé mentale. Il a ainsi mené un volet de la recherche « ATC-MentalHealth » de bout en bout : recherche documentaire, élaboration d’un cadre théorique, construction d’un guide d’entretiens, réalisation d’une dizaine d’entretiens et d’une trentaine d’heures d’observation de terrain, enfin, restitution des analyses et résultats dans un article publié dans la Revue Nouvelle. Ce stage a, en outre, permis à l’étudiant de s’initier concrètement à la « vie de laboratoire » et de s’insérer durablement dans le monde de la recherche universitaire. En effet, son expérience au CASPER lui a permis d’obtenir, en décembre 2015, une bourse FSR pour mener une recherche doctorale au sein du centre.