Les séminaires du CASPER
Séminaire "Publics et parcours dans l'enseignement supérieur"
Du 11/05/2026 16:30 au 11/05/2026 19:00
Nous aurons le plaisir d'écouter deux interventions; la première d'Estelle Herbaut (CNRS, ENS de Lyon) intitulée "Appréhender les effets de l’origine sociale sur les parcours étudiants : perspectives théoriques et méthodologiques" et la seconde de Mathieu Rossignol-Brunet (Université de Bourgogne), intitulée "Comprendre les parcours étudiants au regard de la transition secondaire/supérieur. L'exemple des licences en humanités en France".
Résumés :
Appréhender les effets de l’origine sociale sur les parcours étudiants : perspectives théoriques et méthodologiques
L’enseignement supérieur français a connu des bouleversements majeurs depuis les années 2000 à la suite de la massification scolaire et de réformes importantes de sa gouvernance (autonomie des universités, plateformes de gestion centralisée des candidatures, développement du secteur privé, etc.). Dans ce contexte, comment l’origine sociale influence-t-elle le parcours des étudiants et étudiantes dans l’enseignement supérieur, au-delà de l’accès à ce niveau d’enseignement ? La présentation s’attachera à mettre en perspective trois travaux qui traitent de cette question en s’appuyant sur des données issues d’enquêtes nationales longitudinales. Le premier interroge l’abandon des études supérieures selon la réussite en première année et l’origine sociale. Le second porte sur les voies d’admission parallèles aux grandes écoles. Enfin, le troisième vise à estimer l’évolution des parcours étudiants, selon l’origine sociale, sur près de 20 ans. La présentation s’attachera à décrire les différents ancrages conceptuels, théoriques et méthodologiques mobilisés dans ces travaux pour discuter la manière dont les parcours peuvent être appréhendés dans leur globalité ainsi que les mécanismes générateurs d’inégalités à ce niveau d’enseignement.
Comprendre les parcours étudiants au regard de la transition secondaire/supérieur. L'exemple des licences en humanités en France
La présentation propose de s’intéresser à l’orientation dans les filières d’arts, lettres, langues et sciences humaines à l’université, ainsi qu’aux parcours dans ces formations. En exploitant les données nationales Admission Post Bac, qui permettent d’approximer les préférences des bacheliers, et en appariant ces données avec les bases d’inscription dans l’enseignement supérieur sur plusieurs années, les analyses permettent de comprendre les parcours au prisme de la satisfaction (ou non) des aspirations d’orientation à l’entrée dans le supérieur. Nous montrons alors que si les changements de formation se font principalement vers des formations qui n’avaient initialement pas été demandées par les étudiants, une partie d’entre eux connaissent néanmoins, après une orientation contrariée, une orientation retardée, c’est-à-dire vers une formation davantage espérée au moment de la transition secondaire/supérieure. En outre, nos analyses mettent en évidence une segmentation horizontale croissante des formations, avec des distinctions entre établissements d’une part, entre licences officiellement sélectives et non sélectives d’autre part. Enfin, l’exhaustivité de la base permet d’articuler les dimensions d’origine sociale, de genre et de passé scolaire dans l’analyse de ces orientations et débuts de parcours, ainsi que des différentes fractions de classes (plutôt intellectuelles ou technocrates).

Emplacement:
Salle du Conseil