Vous avez dit 'Bien-être'? Autour du numéro de la revue Mouvements "Le bien-être, entre émancipation et marchandisation" (2026/2)
Horaire : de 16h00 à 19h00
Local : salle P61
Inscription gratuite mais obligatoire ici
Résumés :
Clément Petitjean : "On assiste depuis les années 2010 à la croissance rapide d'un véritable marché du bien-être à l'échelle mondiale. Dans un contexte de privatisation de la santé publique, d'injonction néolibérale à être entrepreneur.se de soi et d'accroissement des inégalités sociales, cette marchandisation du bien-être interroge : s'agit-il d'une ruse du capitalisme ? Le bien-être peut-il être un vecteur de politisation individuelle ou collective ? Dressant un panorama inédit, ce numéro de Mouvements soumet à l'analyse critique les dynamiques et de marchandisation et leurs causes tout en questionnant le potentiel émancipateur du bien-être."
Mathias Seguin : "Le succès de la notion de « santé mentale positive » et des pratiques visant à intervenir sur le bien-être des populations vulnérables est souvent interprété comme le symptôme d’un tournant néolibéral des politiques sociales. À partir d’une enquête ethnographique dans un grand groupe associatif, Mathias Seguin analyse la diffusion dans le travail social français de l’approche centrée sur le rétablissement en santé mentale, qui combine des processus d’ajustement, de traduction et d’hybridation. Sans remettre en cause la critique du bien-être comme cheval de Troie de la néolibéralisation, il invite à prêter attention aux dynamiques situées qui rendent celle-ci possible."
Sidonie Vacher et Nicolas Marquis : "Pourquoi le bien-être et les catégories « psy » se sont-ils imposés à l’école pour lire les difficultés des élèves ? S’appuyant sur une enquête ethnographique menée dans un collège relevant de l’éducation prioritaire (Vacher, 2025), Nicolas Marquis et Sidonie Vacher analysent les ressorts de ce succès, en s’intéressant notamment à l’efficacité pratique que revêt l’idiome de la santé mentale pour les professionnels de l’éducation. Cette présentation mettra également en lumière l’envers de cette dynamique : la relégation des lectures sociologiques des désajustements scolaires – et, plus largement, de celles qui invoquent les déterminismes sociaux."

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